Le paysage de la certification professionnelle en France se renforce. En janvier dernier, France compétences a publié une mise à jour de son Vademecum, document de référence pour les certificateurs et porteurs de projet de certification.
Pour aider les organismes certificateurs à y voir plus clair, la communauté OC Connect a organisé un « Café-décryptage » animé par Lea Rouzaud (Digiforma Certif) et Anne-Lise Martinent (Qualiboost).
Vous n’avez pas pu assister à la session ? Voici l’essentiel à retenir pour sécuriser vos dépôts et renouvellements de titres.
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Un Vademecum unifié et structuré
La grande nouveauté de cette édition est son caractère universel. Désormais, le Vademecum s’applique aussi bien aux demandes d’enregistrement RNCP qu’aux enregistrements au Répertoire Spécifique (RS).
Ce document se présente désormais sous forme de fiches pratiques permettant aux lecteurs de s’y retrouver plus facilement.
De plus, le mot d’ordre de ce document est « Le déclaratif ne suffit plus ». France compétences exige désormais des preuves vérifiables des moyens techniques, pédagogiques et d’encadrement mobilisés pour chaque promotion.
Attention au "Rejet préalable" : la fin de l'indulgence
Une nouveauté majeure est l’instauration d’un filtre avant même l’examen des critères de fond. Trois situations entraînent un rejet immédiat du dossier :
- Fausse déclaration (notamment sur les effectifs des promotions)
- Plagiat (reproduction littérale d’un référentiel déjà existant)
- Communication trompeuse (exemple : usage abusif des termes « Master », « Licence » ou « Diplôme »).
Évaluation : Priorité à la compétence réelle
Pour valider une compétence, le théorique ne suffit plus. L’évaluation doit se recentrer sur l’observation des gestes et raisonnements en contexte réel ou simulé.
Les bonnes pratiques :
Les mises en situation (réelles ou simulées).
Les évaluations individuelles, même dans le cadre de travaux collectifs.
Banir les QCM comme modalité unique de validation.
Indicateurs d'insertion : La précision avant tout
L’impact de la certification sur l’évolution professionnelle de ses titulaires reste la finalité majeure de tout projet certificatif.
Il est donc indispensable d’apporter des preuves tangible de cet impact, entre autre par l’analyse d’enquêtes d’insertion professionnelle.
Dans le cadre du RNCP, il vous sera demandé de calculer :
- Taux d’insertion dans le métier visé
- Taux d’insertion global.
Maîtriser son réseau de partenaires
Déjà appuyé par le décret du mois de juin, la gestion du réseau de partenaire est un point de vigilance crucial pour tout organisme certificateur :
La Convention de partenariat : Elle doit être extrêmement robuste, couvrant 10 points clés allant du RGPD à la propriété intellectuelle, en passant par le suivi des certifiés.
La déclaration des partenaires : Vous devez déclarer tout partenaire dans un délai limité.
Encadrer et accompagner : Veillez à accompagner vos partenaires à former et évaluer les candidats de manière conforme à vos attendus.
Le contrôle actif : La mise en place de contrôles et audits réguliers est indispensables. Que ce soit du contrôle sur pièce ou sur site, vous devez vous assurez que le référentiel de certification est respecté.
Les bonnes pratiques de communication
Dans un contexte de contrôles renforcés et d’exigences accrues, adopter de bonnes pratiques de communication est indispensable.
Toute offre publiée doit présenter une information complète et conforme : mention explicite du code RNCP ou RS, intitulé exact de la certification, objectifs, prérequis, modalités pédagogiques, durée et résultats attendus.
Il est également essentiel de respecter strictement le cadre réglementaire en évitant toute ambiguïté entre certification professionnelle et diplôme d’État, ainsi que toute promesse — implicite ou explicite — de résultat ou de financement.
Enfin, l’usage du logo France Compétences doit rester encadré : seules les mentions officielles telles que « Certification enregistrée au RNCP » ou « au Répertoire spécifique » peuvent être utilisées, à condition de respecter scrupuleusement la charte partagée.
Une communication claire, factuelle et rigoureuse constitue ainsi un levier clé de conformité et de crédibilité pour les certificateurs et leurs partenaires.
La conformité comme levier stratégique
Devenir certificateur ce n’est pas simplement déposer un dossier d’enregistrement. Cela demande une organisation rigoureuse et pensée en amont.
Le simple déclaratif est terminé. Preuves réelles doivent être au rendez-vous, afin de prouver à France compétences la faisabilité réelle du projet au sein de votre organisme.